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24/04/2020
Perrine Le Buhanic, Championne de France Vétérans, sur le front
Joueuse de haut niveau d'un côté, manip radio de l'autre, Perrine LE BUHANIC est sur le terrain depuis le début pour faire face au Covid19. Découvrez son témoignage.
Bonjour Perrine, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Perrine LE BUHANIC, je suis 2 fois Championne de France Senior (2011 et 2016) et Vétérans (2019), Championne d’Europe Vétérans (2018) et Vice-Championne du Monde Vétérans (2019). Je joue pour le club d’Issy-les-Moulineaux.
Je suis également technicienne supérieure d’imagerie médicale, en termes plus simples : manip radio.

Pourriez-vous nous rappeler la situation sanitaire où vous êtes ?
Je suis dans les Hauts-de-Seine (92), dans l’une des régions les plus touchées.

Travaillez-vous actuellement ?
Je suis sur le terrain depuis le début. Lors de la restructuration du personnel et des sites début avril, j’ai dû solder mes congés que j’avais pris pour les Championnats de France Vétérans et pour les play-offs, en vue de la montée en Top 12.

En quoi consiste votre métier au quotidien (avant confinement) ?
Je pratique l’imagerie conventionnelle radio, scanner, IRM, mammographie, interventionnelle....

Comment êtes-vous vous-même impliquée face au Covid ? Était-ce évident pour vous d’être impliquée ?
On est en première ligne avec l’afflux massif de patients et la saturation de l’AP-HP. On a récupéré des patients en réanimation et on a aménagé des secteurs Covid, tout en gardant un service d’urgence 24h/24 et un secteur de soin de suivi de traitement.
Depuis le début de l’épidémie, le scanner tourne à plein régime car le Covid est révélé essentiellement par cet examen complémentaire au test dit PCR (car il y a 30% de faux négatif). On manipule les patients infectés à longueur de journée et nous faisons en sorte de continuer les suivis des patients non infectés dans des secteurs sains. Mon groupe est constitué de cabinets et de plusieurs centres cliniques, dont la clinique de Meudon, spécifique Covid et urgences. Il est normal que nous nous impliquions, c’est une question de survie.

Quels changements constatez-vous, que voyez-vous dans votre travail ?
Je pratique toujours toutes les spécialités mais adaptées. Nous ne faisons plus que des urgences et des suivis de traitement. On évite les examens inutiles, pas d’affluence, respect des temps de bio-décontamination... On porte des tenues spécifiques et des masques à longueur de temps, FFP2 ou chirurgicaux.
Je vais aussi pratiquer aux étages Covid, pour aider les ASH (Agent des Services Hospitaliers) et les infirmier(es), bien que ce ne soit pas ma spécialité, mais on est pluridisciplinaire.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant ces premières semaines de crise ?
D’un point de vue négatif, c’est l’indiscipline, l’égoïsme et la mise en danger de certains.
D’un point de vue positif, c’est le soutien de tout le monde, le volontariat et le sourire du patient qui a survécu.

Étiez-vous préparée à une situation telle que celle-ci ?
Personne n’est préparé à ça. Rien ne nous aurait préparés à une telle situation. J’ai vécu des situations auxquelles seul un sportif de haut niveau peut faire face, alors que tout le monde n’est pas sportif. Jamais on n’aurait imaginé que ça prendrait cette ampleur. On parlait d’une petite « grippette » qui durerait quelques semaines, mais pas autant.
C’est comme si c’était la plus grosse compétition mondiale que la France ait vécue mais la préparation a échoué car nous n’étions pas prêts.

En quoi le badminton a pu vous servir en cette période compliquée ?
En tant qu’ancienne sportive de haut-niveau, moi j’étais prête comme le plus gros tournoi de ma vie ! Tout y ressemble : la sélection (Qui va en secteur Covid ?), la peur, le courage, l’endurance, la fatigue, la souffrance morale, ne pas abandonner, l’alimentation difficile...
Bref, j’ai l’impression de vivre la plus longue compétition de badminton… sans la tenue !

Le mot de la fin…
Prenez soin de vous, respectez les règles.
Courage à vous tous en ces temps difficiles.

Merci à Perrine pour son témoignage.
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